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Framer vs Drupal : retour d'expérience d'une cheffe de projet digital

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Framer vs Drupal : retour d'expérience d'une cheffe de projet digital

Page d'accueil du site EPC affiché sur une tablette
Page d'accueil du site EPC affiché sur une tablette

En tant que cheffe de projet digital, j'ai piloté des projets sur des CMS traditionnels et des plateformes low-code. Ces expériences m'ont montré combien l'outil choisi influence le rythme, la coordination et même les rôles au sein du projet. Dans cet article, je partage mon retour d'expérience concret sur ces deux visions du web : Drupal, robuste et structuré, et Framer, agile et créatif.

Framer : l'agilité au service de la créativité

Avec Framer, une nouvelle façon de travailler émerge : il devient possible d'intervenir directement dans l'outil, d'ajuster des pages, d'enrichir des interactions et, après quelques formations en équipe, de créer un site complet de A à Z. Cette expérience offre une perspective différente sur la gestion de projet et sur la façon dont on peut s'impliquer dans la production.

L'outil place la créativité et l'expérience utilisateur au centre. L'import depuis Figma, les prototypes interactifs et la possibilité de publier rapidement permettent de tester presque en temps réel. Cette approche favorise une réactivité très forte, aussi bien côté équipe que côté client. Les décisions se prennent plus vite, les ajustements sont immédiats, et le projet peut évoluer presque en temps réel sans dépendances techniques lourdes.

La cheffe de projet devient facilitatrice et arbitre, cadrant les priorités et organisant des validations fréquentes. Les échanges avec l'équipe et le client sont fluides, et chacun voit, teste et commente instantanément.

Pour les projets de petite ou moyenne taille, ou à forte dimension créative, Framer se révèle un véritable allié : rapide, flexible et stimulant pour les chefs de projet qui aiment s'impliquer directement.
Framer reste toutefois une solution encore jeune et en constante évolution. Certaines fonctionnalités avancées, notamment liées à des besoins très spécifiques ou à des logiques métier complexes, peuvent encore manquer ou nécessiter des contournements. C'est un outil qui progresse vite, mais qui demande d’accepter un certain périmètre fonctionnel.

Drupal : la robustesse au service de la durabilité

Drupal, lui, est le pilier solide. Son point fort ? Construire des sites complexes, modulaires et durables. Back-end structuré, workflows, permissions, contenus avancés… ici il faut penser en profondeur pour anticiper les évolutions futures.

Drupal s'appuie également sur une communauté open-source très active et un écosystème riche de milliers de modules. Cette maturité permet de répondre à une grande variété de besoins fonctionnels sans repartir de zéro, tout en bénéficiant de solutions maintenues.

Ici, le rôle de chef de projet évolue vers celui d'orchestrateur. L'enjeu consiste à aligner besoins métiers, contraintes techniques, planning et équipe. Mais loin d'être un frein, cette structure apporte sécurité et sérénité : tout est cadré, documenté, et la gouvernance est claire. Drupal est parfait pour les projets de long terme, institutionnels ou ambitieux, où chaque brique compte et doit être pensée pour durer.

Quand le rôle du chef de projet se réinvente

Le choix de l'outil influence le déroulé quotidien d'un projet : rythme, cadrage, coordination, relation client. Deux outils, deux mécaniques projet différentes.

Cadrage et planification : flexibilité ou anticipation

  • Framer : le cadrage se construit souvent à partir de la valeur visible : pages clés, parcours, contenus prioritaires, variantes de mise en page. On peut démarrer rapidement avec un socle clair, puis affiner progressivement à mesure que les retours arrivent. Cela permet des cycles courts et la capacité à réorganiser les priorités sans cesser la production.
    Pour le chef de projet, intervenir directement dans l'outil peut être libérateur : tester, ajuster, créer… et parfois réinventer la manière dont on gère un projet.

  • Drupal : la planification repose sur une logique de construction en profondeur. On formalise ateliers fonctionnels, spécifications et architecture globale (types de contenus, règles de gestion, rôles, permissions, workflows). Les ajustements tardifs peuvent avoir un impact important, donc le cadrage en amont est crucial.
    Cette approche peut sembler plus cadrée, mais elle apporte une sécurité et une stabilité indispensables sur des projets complexes et durables.

Coordination d'équipe : polyvalence ou spécialisation

  • Framer : l'équipe est souvent resserrée, avec des échanges directs et rapides. Le chef de projet peut suivre l'avancement, tester les pages et prendre en charge des ajustements simples, sans dépendre systématiquement d'une équipe de développement.
    Le rôle évolue alors vers une posture plus hybride, à mi-chemin entre chef de projet, webmaster et parfois même producteur. Sans être développeur, il devient possible de contribuer concrètement à la mise en œuvre, ce qui redéfinit les frontières traditionnelles entre les expertises. Résultat : moins de frictions et une boucle de décision nettement accélérée.

  • Drupal : les rôles et responsabilités sont segmentés. La collaboration avec l'équipe technique devient structurante, et le chef de projet joue le rôle de traducteur et de coordinateur : il aligne besoins métiers, contraintes techniques et planning, tout en veillant à ce que la complexité ne bloque pas le projet. La formalisation est plus présente, mais elle assure que le projet avance sans blocages.

Relation client : feedback instantané ou validation par jalons

  • Framer : la validation est rapide et concrète. Le client réagit sur des écrans interactifs, proches du rendu final. La dynamique "test & learn" permet de limiter les surprises et de garder le projet vivant.

  • Drupal : la relation client demande un accompagnement pédagogique. Certaines décisions structurantes ne sont pas immédiatement visibles, mais elles conditionnent le projet sur le long terme. Les validations se font par jalons, de manière progressive et sécurisée.

Rythme de production : itération rapide ou construction structurée

On peut parler de deux ambiances de production : Framer pour l'itération et la réactivité, Drupal pour la structuration et la pérennité. Et parfois, la vraie force réside simplement dans la capacité à profiter du meilleur des deux mondes.

Alors, Framer ou Drupal ?

Finalement, la vraie question n'est pas "quel outil est le meilleur ?", mais plutôt quel outil est le plus adapté au besoin du client, à son écosystème et à sa vision long terme.

Le budget fait naturellement partie de l'équation. Framer permet souvent de réduire les coûts de production et les délais sur des projets simples ou créatifs, grâce à des équipes plus resserrées et une mise en œuvre rapide. Drupal, de son côté, implique généralement des budgets plus conséquents, liés à la complexité technique, à la durée des projets et à la mobilisation d'équipes spécialisées : un investissement cohérent pour des plateformes structurantes et pensées pour évoluer dans le temps.

Avec Framer, les barrières entre expertises peuvent s'assouplir : designers, développeurs et chefs de projet interagissent directement dans l'outil, favorisant la réactivité et l'itération.

Avec Drupal, on structure, sécurise et planifie pour construire des fondations solides et maîtrisées.

Dans cette logique, un chef de projet ne devrait pas "choisir par habitude", mais savoir orienter. Cela implique d'identifier clairement le type de projet et ses priorités. La clé est là : adapter sa méthodologie projet au choix de l’outil, plutôt que de forcer l'outil à rentrer dans une méthode standard. C'est souvent cette capacité d'ajustement qui fait la différence entre un projet simplement livré… et un projet réellement réussi.

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